Rapport de la Consultation des églises d'Afrique australe et orientale sur les accords de partenariat économique (APE)
Chers amis/amies,
Nous avons de bonnes nouvelles des églises de l'Afrique australe et orientale et de leur engagement envers les APE. Les leaders de différentes églises de l'Afrique australe et orientale se sont réunis à Dar-es-Salaam du 23 au 25 avril 2007.
Comme résultat de cette réunion une plateforme chrétienne sous AACC, FECCLAHA, FOCCISA et AMECEA a été créée pour s'engager dans les APE .
A la fin de la réunion de Dar une declaration fut issue qui a suscité beaucoup d'attention dans les médias de ces regions.
La réunion de Dar identifié l'urgence d'arrêter les APE et réclame une action rapide vers des gouvernements aussi bien que vers l'UE. Les églises exigent plus de temps (une prolongation de la date-limite du 31 déc. 2007), un processus plus inclusive dans la négociation des APE, du respect pour la souveraineté nationale et chercher des alternatives plus durables au prétendus APE.
Salutations
Begoña Iñarra
Africa-Europe Faith and Justice Network (AEFJN)
174 rue Joseph II
B-1000 Brussels - Belgium
Tel. +32. (0)2. 34 68 12
Fax: +32 (0) 2. 231 14 13
email: begoinarra@aefjn.org
* * *
Dar es Salaam, Tanzanie, 23 - 25 avril 2007
Nous, les chefs, représentants et membres des sept Conseils des églises de l'Afrique méridionale et orientale et de l'église catholique à travers l'Association de Membres des Conférences épiscopales d'Afrique orientale (AMECEA), se réunissant à Dar es Salaam, Tanzanie, du 23 au 25 avril 2007, pour délibérer et discuter sur les accords de partenariat économique (APE) entre l'union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique:
Affirmons et soutenons la protection des vies, le respect des droits humains et la dignité humaine des personnes dans nos pays. Toute politique économique, y compris politique de commerce international devrait être en premier lieu orientée vers un développement durable et une croissance équitable, qui profitent au peuple (ou bénéfiques pour le peuple).
Nous souscrivons aux principes suivants :
le commerce international doit être au service du peuple et non du seul profit
le commerce international doit être juste et équitable
le commerce international ne doit pas être accablantLa bible demande à toutes les personnes et aux institutions d'agir avec justice. Michée : 6:8. Nous croyons donc, que le système multilatéral de commerce et les institutions impliquées dans les négociations actuelles des APE devraient adhérer à la justice, tenant compte de son impact sur les citoyens, en particulier sur les pauvres.
Après avoir étudié et analysé les négociations actuelles des APE nous en venons à la conclusion qu'elles ne sont pas conformes à nos principes. Au contraire, les APE sont une menace pour le bien-être de nos peuples et pour notre développement économique.Alors que nous apprécions les objectifs de développement de l'accord de partenariat de Cotonou, nous sommes conscients que dans les actuelles négociations l'union européenne et nos gouvernements ont perdu de vue ces objectifs.
Au lieu de cela, les APE se sont avérés être des accords de libre-échange, qui auront un impact nuisible sur notre agriculture et notre sécurité alimentaire, sur les industries naissantes ainsi que sur les ressources naturelles. En outre, ils mèneront à une perte des recettes fiscales qui sont actuellement obtenues sur les marchandises importées.
Les APE ignorent les initiatives régionales d'intégration de l'union africaine et à terme elles les fragiliseront.
Finalement, les APE contredisent dans beaucoup de cas les objectifs et les politiques de développement national.
Alors que l'accord de Cotonou avait préservé la participation de tous les intéressés, les négociations des APE n'ont pas pris en considération les voix et les intérêts des personnes affectées.
Nous invitons nos gouvernements et l'union européenne à considérer les options suivantes :
L'espace politique et la souveraineté nationale :
Si les APE sont mis en application dans leur état actuel, ils limiteront la capacité de nos gouvernements de poursuivre leurs propres stratégies de développement. Les négociations des APE devraient donc s'aligner sur des processus démocratiques nationaux tels que la ratification parlementaire.Alternatives :
Nous invitons nos gouvernements et l'union européenne à considérer des solutions de rechange aux APE telles qu'indiquées dans l'accord de Cotonou. Ces alternatives ne devraient pas être accablantes, mais au contraire elles devraient être justes et servir le peuple.Inclusion:
Les négociations actuelles ont inclus surtout les négociateurs des gouvernements et la Commission européenne excluant d'autres intéressés cruciaux tels que les citoyens et leurs représentants aux parlements. Pour que les APE soient légitimes, nous lançons un appel à l'inclusion de tous les intéressés dans le processus de négociation.Plus de temps :
La date-limite pour conclure les négociations des APE est le 31 décembre 2007. Cependant, le peuple de nos pays n'a pas l'information ni la compréhension suffisantes pour entériner cette décision. Nous consignons, donc, que plus de temps est nécessaire et nous demandons un report de la date-limite des négociations. Ceci donnerait à nos gouvernements l'occasion de lancer une évaluation participative d'impact et d'inclure le développement et des jalons dans les négociations.En affirmant notre rôle pour nous assurer que nos gouvernements adhèrent aux engagements et aux responsabilités pour le bien-être de leurs citoyens, nous nous engageons nous-mêmes et nous sommes prêts à soutenir nos gouvernements dans la recherche d'options appropriées qui seront centrées sur les valeurs humaines et qui stimuleront le développement durable.
Nous invitons les ministres et les parlementaires des ACP et de l'UE, lorsqu'ils se rencontreront, à tenir compte de nos soucis et de nos principes .
Nous, églises et conjointement à d'autres organisations de la société civile, nous nous engageons à travailler plus activement sur cette question au niveau régional et africain.
Dar es Salaam, 25 avril 2007
Les organismes suivants ont participé à la réunion :
Conférence des églises d'Afrique (AACC)
Association des membres des conférences épiscopales d'Afrique orientale (AMECEA)
Construction du Réseau de la Communauté d'Afrique orientale (BEACON)
Justice économique catholique (CEJ)
Le Conseil chrétien du Mozambique (CCM)
Le Conseil chrétien de la Tanzanie (le TDC)
Le Conseil chrétien de la Zambie (CCZ)
Professionnels chrétiens de la Tanzanie (CPT)
Le Réseau pour la Justice Economique (EJN) de Fellowship of Christian Councils of Churches in Southern Africa (FOCCISA)
Le service oecuménique pour la transformation socio-économique (ESSET)
Fellowship of Christian Councils and Churches in the Great Lakes and the Horn of Africa (FECCLAHA)
Kenya Episcopal Conference (KEC)
Malawi Council of Churches (MCC)
Missionaries of Africa (MAFR)
National Council of Churches of Kenya (NCCK)
Tanzania Ecumenical Dialogue Group (TEDG)
The Journey
Uganda Episcopal Conference (UEC)
Uganda Joint Christian Council (UJCC)
Ecumenical partners: Bread for the World Church Development Service (EED)
Christian Aid
CCO Norwegian Church Aid
Consultation of Churches from Eastern and Southern Africa
on Economic Partnership Agreements (EPAs)
Dear friends,
We have good news from the Churches of Eastern and Southern Africa and their commitment towards EPAs.
The leaders of different churches of Eastern and Southern Africa met in Dar-es-Salaam the 23-25th April 2007. As an outcome of this meeting a platform for Christians under AACC, FECCLAHA, FOCCISA and AMECEA to engage in EPAs was created.
A statement was released at the end of the Dar meeting that has received a lot of media attention.
The Churches are beginning to be proactive on EPAs. The Dar meeting recognised the urgency of stopping EPAs and called for a speedy action towards governments as well as the EU. The churches demanded more time (some kind of extension of the 31st Dec 2007 deadline), a more inclusive process in the negotiation of EPAs, respect for national sovereignty and seeking more sustainable alternatives to the so called EPAs.
I am sending you their press release.
Salutations
BegoñaAfrica-Europe Faith and Justice Network (AEFJN)
174 rue Joseph II
B-1000 Brussels - Belgium
Tel. +32. (0)2. 34 68 12
Fax: +32 (0) 2. 231 14 13
email: begoinarra@aefjn.org* * *
held in Dar es Salaam, Tanzania, from April 23rd to April 25th 2007
We, the leaders, representatives and members of seven Councils of Churches from
Southern and Eastern Africa and the Catholic church through the Association of Member
Episcopal Conferences in Eastern Africa (AMECEA), meeting in Dar es Salaam, Tanzania,
from April 23rd to April 25th 2007, to deliberate and discuss the Economic Partnership
Agreements (EPAs) between the European Union and the African Caribbean and Pacific
countries:
Affirm and support the protection of the livelihoods, the respect of human rights and
upholding human dignity of the people in our countries. Any kind of economic policy including
international trade policies should be first and foremost geared towards sustainable
development and equitable growth, which benefit the people.
We subscribe to the following principles:
- International trade must serve the people rather than the profit
- International trade must be fair and just.
- International trade must not be oppressive.
The Bible requires of all people and institutions to act justly. Micah: 6:8. We therefore believe
that the multilateral trading system and the institutions involved in the current EPA
negotiations should adhere to justice in all it forms, taking into consideration its impact on all
citizens, particularly the poor.
After studying and analysing the current EPA negotiations we come to the conclusion that
they are not in line with our principles. On the contrary, they are a threat to the well-being of
our people and our economic development.
While we appreciate the development objectives of the Cotonou Partnership Agreement, we
are mindful that in the current negotiations the European Union and our governments have
lost sight of these objectives.
Instead, EPAs have turned out to be free trade agreements, which will have a detrimental
impact on our agriculture and food security, infant industries as well as natural resources. In
addition, they will lead to a loss of tax revenue that is earned from duties on imported goods.
EPAs ignore and will further undermine regional integration initiatives by the African Union.
Ultimately, EPAs in many cases contradict national development goals and policies.
Although the Cotonou Agreement enshrined the involvement of all stakeholders, EPA
negotiations have not taken into account the voices and the concerns of the people affected.
We call upon our governments and the European Union to consider the following
options:
Policy space and national sovereignty:
If EPAs are implemented in their current state they would restrict our governments¡¦ ability to
pursue their own development strategies. EPA negotiations should therefore be aligned to
national democratic processes such as parliamentary ratification.
Alternatives:
We urge the our governments and the European Union to consider alternatives to EPAs as
indicated in the Cotonou Agreement. Such alternatives should not be oppressive, but instead
be fair and just and serve the people.
Inclusiveness:
The current negotiations have largely included the government negotiators and the European
Commission leaving out other crucial stakeholders such as the citizens and their
representatives in the parliaments. For EPAs to be legitimate we appeal for the inclusion of
all stakeholders into the negotiation process.
More time:
The deadline for concluding EPA negotiations is December 31st 2007. However, the people
of our countries don¡¦t have sufficient information and understanding to support this decision.
We, therefore, note that more time is required and ask for an extension of the deadline for
the negotiations. This would give our governments the opportunity to initiate a participatory
impact assessment and include development and benchmarks in the negotiations.
In affirming our role in ensuring that our governments adhere to commitments and
responsibilities towards the well-being of their citizens, we further challenge and are ready to
support our governments in seeking suitable options that are centered on human values and
foster sustainable development.
We call upon the ACP and EU Ministers and parliamentarians to take into consideration our
concerns and principles when they meet.1
We, as churches together with other Civil Society organisations, commit ourselves to engage
more actively to work at the regional and African level on this issue.
Dar es Salaam, April 25th 2007
The following organisations participated in the meeting:
All Africa Conference of Churches (AACC)
Association of Member Episcopal Conferences in Eastern Africa (AMECEA)
Building Eastern Africa Community Network (BEACON)
Catholic Economic Justice (CEJ)
Christian Council of Mozambique (CCM)
Christian Council of Tanzania (CCT)
Christian Council of Zambia (CCZ)
Christian Professionals of Tanzania (CPT)
1 Joint Council of Ministers on May 24th/25th 2007 in Brussels, Belgium and ACP-EU Joint Parliamentary
Assembly on June 23rd/28th in Wiesbaden, Germany 3
Economic Justice Network (EJN) of the Fellowship of Christian Councils of Churches in
Southern Africa (FOCCISA)
Ecumenical Service for Socio-Economic Transformation (ESSET)
Fellowship of Christian Councils and Churches in the Great Lakes and the Horn of Africa
(FECCLAHA)
Kenya Episcopal Conference (KEC)
Malawi Council of Churches (MCC)
Missionaries of Africa (MAFR)
National Council of Churches of Kenya (NCCK)
Tanzania Ecumenical Dialogue Group (TEDG)
The Journey
Uganda Episcopal Conference (UEC)
Uganda Joint Christian Council (UJCC)
Ecumenical partners:
Bread for the World
Church Development Service (EED)
Christian Aid
ICCO
Norwegian Church Aid