Par Mario Bard de LAide à lEglise en Détresse (AED)
Interview du P. Roger Tessier M.Afr. pour la radio du 29 Février, radiodiffuse sur Radio-Ville-Marie, radio oecumenique du Quebec le lundi 3Mars
(Kenya)
Vendredi dernier, 29 février, j'ai enregistre pour Radio Ville Marie un second 10 minutes sur la nouvelle situation au Kenya.
Ca devrait être diffuse sur Radio Ville Marie, Fréquence FM 91.3 [a Montréal], a Midi trente, ce lundi 3 mars, dans le cadre de l'émission " Vues d'ailleurs ". L'intervieweur était de nouveau Mario Bard.
Le sujet : la situation au Kenya depuis la signature, jeudi après midi, 28 février, de
l'accord historique négocié par Kofi Annan et son équipe avec le président Kibaki et le principal leader de l'opposition, M.Raila Odinga.
A dire vrai ça été une réelle mais agréable surprise car les jours auparavant la situation semblait sérieusement bloquée
Mercredi matin, les journaux titraient : " Les pourparlers sont suspendus "
Jeudi matin, ils titraient : Kofi Annan décide de parler en tête a tête avec Raila Odinga et Mwai Kibaki Ca été la point tournant Annan a réussi a contourner les éléments durs des deux équipes de négociateurs représentant chaque parti
Surprise ! Surprise ! Ce même jeudi après-midi, vers 5 heures, nous avons pu assister à la TV à la cérémonie publique de la signature de l'accord en vue d'un gouvernement de coalition.
Le vendredi matin, les journaux rapportaient le texte intégral de l'accord, sans compter de nombreux reportages et commentaires.
Cette façon publique de faire est aussi un forme importante de pression publique sur les partis et leurs leaders : nous le peuple kenyan avons VU et nous savons ce que vous avez SIGNE !
Des jeudi prochain, le 6 mars, le parlement se réunira pour étudier et voter les amen- dements constitutionnels nécessaires a la mise en place de ce gouvernement de coalition qui inclut, entre autres éléments, 3 nouveaux postes: un Premier Ministre et 2 Vice-premier Ministres, un partage des postes ministériels, etc.
Ce sont les premiers pas d'une longue marche vers la réconciliation et la remise en route de l'Etat kenyan.. Il y a beaucoup d'espoir pour ce nouvel avenir. Espérons que les politiciens et leurs manigances égoïstes ou ethniques ne viendront pas frustrer les attentes du peuple kenyan et de ses amis, dont nous les missionnaires.
Surtout il ne faut pas laisser ce futur entre les mains des seuls politiciens La société civile [organisations non gouvernementales - entre autres celles qui sont impliquées dans la questions des droits humains et civiques- , syndicats, manufacturiers, promoteurs de tourisme,etc.] et les groupes religieux semblent plus éveilles que jamais et devraient surveiller de près les faits et gestes des politiciens et autres leaders sociaux , qui ont tellement fait pour contribuer au drame que le pays vient de vivre : soit en agissant négativement, entre autre par l'utilisation de l'ethnicité négative et même en soudoyant des fauteurs de troubles, soit en laissant faire ,et je pense ici aux chefs : Président Kibaki et M. Raila Odinga. Ma pensée est très bien représentée dans un dessin du fameux dessinateur kenyan GADO, dans le Sunday Nation d'aujourd'hui : sur un podium de style olympique, il y a au milieu Kofi Annan qui élève les bras de Kibaki et de Raila dessines en boxeurs vainqueurs et souriants.. Mais les podiums de Kibaki et de Raila sont faits de crânes et d'ossements Jugement dur, mais qui n'est pas faux, a mon humble avis ! Ils ont du sang sur les mains ! Comme disent les Americains : " The buck stops at these two leaders " Ils ont une lourde responsabilité, qu'ils la reconnaissent explicitement ou non !
J'avais eu l'intention de simplement vous annoncer l'émission radiophonique, avec quelques mots, mais finalement j'ai développe " un peu " ma présentation
Quoiqu'il en soit, réjouissez vous avec nous tous (Kenyans et résidents du Kenya). Continuez a nous appuyer de votre prière, car la route de la reconstruction matérielle, économique, morale, et psychologique sera longue et parsemée d'embûches crées par les intérêts personnels, politiques, souvent ethniques/tribals, etc.. Mais ici, dans notre communauté de St.Charles Lwanga, jamais nous n'avons cesse d'espérer même si a certains moments la situation des négociations semblait désespérée
Moi même et les cinq autres confrères sommes en bonne condition morale et physique. En fait depuis le début des négociations avec Kofi Annan la situation a été globalement calme a Nairobi, même s'il y a eu encore des problèmes hors de Nairobi
Je vous salue tous bien cordialement.
ROGER TESSIER
Missionnaire d'Afrique a Nairobi
02.03.08
Le père Roger Tessier
Source : Mario Bard, Journaliste
(514) 932-0552
com@acn-aed-ca.org
www.acn-aed-ca.orgLAide à lEglise en Détresse (AED) est une association catholique internationale qui a pour mandat "le service de la charité fraternelle envers les Eglises locales les plus souffrantes et nécessiteuses". Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement lÉglise en détresse dans plus de 130 pays.
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De l'Agence Fides
AFRIQUE/KENYA - Encore des violences alors quil faut soccuper des esprits et résoudre le problème de la propriété foncière dit un missionnaire
Nairobi (Agence Fides)- Il faut soccuper des esprits: cest lun des titres les plus récurrents dans les journaux du Kenya dit à lAgence Fides le p. Roger Tessier, un missionnaire canadien des Pères Blancs (Missionnaires dAfrique), qui travaille au Kenya. La signature de laccord qui a mis fin à la plus dramatique crise de lhistoire du Kenya indépendant (cf Fides 28/2/2008), est en effet une condition nécessaire mais insuffisante pour ramener la pays à létat normal.
Le médiateur de lentente, lex-Secrétaire général de lONU Kofi Annan, en quittant le Kenya a rappelé qu« il reste encore un long chemin à parcourir ». Le P. Tessier énumère quelques-unes des priorités : « Sur le plan politique il faudra procéder rapidement à lamendement de la Constitution pour créer la charge de Premier ministre et de ses deux Vice-premiers ministres. Sur le plan social il faut donner une réponse au plus de 300.000 réfugiés, contraints de fuir à cause des violences. Il y a des difficultés logistiques : leurs maisons ont été saccagées et détruites, et psychologiques : comment peuvent-ils revenir vivre dans des zones où leurs voisins se sont transformés en ennemis ? »
« Un autre problème à affronter - continue le missionnaire - est celui économique. Le secteur du tourisme a été sévèrement frappé par la crise. Dans la Rift Valley, le grenier du Kenya, la récolte a été en grande partie perdue parce que les paysans ont été contraints dabandonner les champs ».
Les blessures les plus graves semblent spirituelles et psychologiques, car la population doit réapprendre à se fier au voisin et à collaborer. « LEglise catholique et les autres confessions religieuses présentes au Kenya sont bien conscientes de ce problème et ont lancé des initiatives de réconciliation » affirme le P. Tessier. « Le P. Daniel Moschetti, missionnaire combonien qui travaille dans le slum de Korogocho, a organisé une rencontre avec dautres missionnaires pour examiner les voies dune guérison spirituelle, morale et psychologique de la population. Un groupe de dialogue interreligieux qui réunit les différentes confessions chrétiennes ainsi que les musulmans et les hindous, a élaboré une stratégie pour soigner les esprits et pour suivre de près la politique du gouvernement. On ne peut en effet laisser le monde politique gérer seul la transition post crise ; il faut que la société civile sorganise et exerce une fonction de stimulation, de contrôle, mais aussi de collaboration avec le gouvernement » affirme le missionnaire.
Lurgence des interventions destinées à ramener sous contrôle lordre public et à soigner les blessures psychologiques de la population, est montrée par un autre fait sanglant arrivé pendant la nuit du 2 au 3 mars. Dans un village de la Rift Valley, 15 personnes ont été tuées lors dun assaut conduit par un groupe armé. « Le problème de la redistribution de la terre est très ressenti au Kenya, en particulier dans la Rift Valley : il sagit de lun des nuds fondamentaux sur lesquels se joue lavenir du pays et le retour à la paix » conclut le Père Tessier (L.M.) (Agence Fides 3/3/2008 lignes 35 mots 514)
Par Mario Bard de LAide à lEglise en Détresse (AED)
Last Friday, the 29th February, I recorded a second 10-minute slot on Radio Ville Marie on the new situation in Kenya.
It would be broadcast on Radio Ville Marie, Fréquence FM 91.3 Montreal, on Monday 3rd March in the context of the programme 'Vues d'ailleurs'. Once again, the interviewer was Mario Bard.
The topic: the situation in Kenya since the signing on Thursday afternoon, the 28th February, of the historic agreement negotiated by Kofi Annan and his team with President Kibaki and the main leader of the Opposition, Mr Raila Odinga.
Truth to tell, it was a real but pleasant surprise, as over the preceding few days the situation seemed to be deadlocked.
On Wednesday morning, the newspapers headlined, 'Talks suspended.'
On Thursday morning, Kofi Annan decided to speak face-to-face with Raila Odinga and Mwai Kibaki. That was the turning point. Annan succeeded in by-passing the obstacles from both teams of negotiators representing each party. Surprise! Surprise! On the same Thursday afternoon around 5 o'clock, on TV, we witnessed the PUBLIC ceremony of the signing of the agreement in view of a coalition government.
On Friday morning, the newspapers printed the complete text of the agreement, as well as several reports and commentaries.
This public way of doing is also a significant form of public pressure on the parties and their leaders: we the Kenyan people have SEEN and we know what you have SIGNED!As from next Thursday, the 6th March, Parliament will reassemble to study and vote constitutional amendments required for the setting up of a coalition government that includes three new posts: a Prime Minister and two Deputy Prime Ministers, sharing of ministerial posts, etc.
These are the first steps on a long march towards reconciliation and the restoring of the Kenyan state. There is a lot of hope in the new future. Let us hope that the politicians and their selfish or tribal scheming will not frustrate the expectations of the Kenyan people and its friends, including us missionaries.
Above all, the future should not be left solely in the hands of politicians. Civil society (non-governmental organisations - among them those involved in issues of human and civil rights - the unions, manufacturers, tourism promoters, etc.,) and religious groups, seem more alert than ever and should closely oversee the deeds and acts of politicians and other social leaders, who have done so much in contributing to the tragedy the nation has been living through: either in negative agitation, amongst other things, by exploiting negative tribal issues and even bribing troublemakers, or passively letting it happen; here I have the leaders in mind: Président Kibaki and Mr Raila Odinga. My thoughts are very well represented in a drawing by GADO, the famous Kenyan artist in today's Sunday Nation: on an Olympic-style podium, Kofi Annan is in the middle, raising the arms of both Kibaki and Raila as grinning, winning boxers. But the podiums of both Kibaki and Raila are made of skulls and bones. A harsh judgement, but not so far off the mark, in my humble opinion. They have blood on their hands! As the Americans say, 'The buck stops at.. these two leaders.' They have a heavy responsibility, whether they admit it or not !
I only intended to inform you of the radio broadcast, with a few words, but in the end I see I have developed my presentation 'a bit'!In any case, be glad with and for all of us (Kenyans and Kenya residents). Continue to support us by your prayers, because the road to material, economic, morale and psychological reconstruction will be long and strewn with pitfalls created by personal, political and often ethnic/tribal interests. Here, however, in our community of St. Charles Lwanga, we never gave up hope, even if at times the negotiations agenda appeared hopeless.
The five other confreres and I are in good form mentally and physically. In fact, since the start of negotiations with Kofi Annan, the situation was calm in Nairobi overall, even if there were still some problems outside it.
With best wishes to you all,ROGER TESSIER
Missionary of Africa, Nairobi
LAide à lEglise en Détresse (AED) est une association catholique internationale qui a pour mandat "le service de la charité fraternelle envers les Eglises locales les plus souffrantes et nécessiteuses". Fondée par le Père Werenfried en 1947, elle aide spirituellement et matériellement lÉglise en détresse dans plus de 130 pays.
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Fides Agency
AFRICA/KENYA - Violence continues; need for a healing of peoples souls and resolution of real estate property, a missionary says
Nairobi (Agenzia Fides) - We need to offer healing of peoples souls: this is one of the most common headlines in Kenyas newspapers, Agenzia Fides was told by Fr. Roger Tessier, Canadian missionary of the White Fathers (Missionaries of Africa), who works in Kenya. The signing of the agreement that placed an end to the most dramatic crisis in the history of free Kenya (see Fides 28/2/2008), has in fact, been a necessary, yet insufficient, condition for the countrys return to normal life.
The mediator in the agreement, former UN Secretary General, Kofi Annan, in leaving Kenya, reminded the public that there is still a long way to go. Fr. Tessier names some of the priorities: On a political level, there will need to be an immediate amendment to the Constitution, creating the role of Prime Minister and his two Vices. On a social level, there is a need to face the situation of the 300,000 refugees, who have been forced to flee because of violence. There are problems of logistics - their houses have been destroyed - and of a psychological nature - how will they re-adapt to living in those same areas where their neighbors became their enemies?
Another problem is the economy. The tourism industry has suffered a heavy blow from the crisis. In the Rift Valley, which is the breadbasket of Kenya, quite a bit of the harvest has been lost, as farmers were forced to abandon their crops.
The deepest wounds are spiritual and psychological, because the people must now learn to trust their neighbors and work together. The Catholic Church and the other religions of Kenya are well-aware of this problem and have already begun initiatives for reconciliation, says Fr. Tessier. Fr. Daniele Moschetti, Combonian missionary working in a ghetto of Korogocho, has organized a meeting with other missionaries in order to discuss ways of approaching the spiritual, moral, and psychological healing of the people. A group for interreligious dialogue, that includes Muslims and Hindus, is promoting a strategy in the healing of souls and for a careful following of government politics. The political world cannot be left on its own in making the decisions in the transition period following the crisis; civilians should organize themselves and become active and participate in government, the missionary said.
The urgency of these decisions to place public order and to heal the psychological wounds of the people was manifest in the bloodshed on March 2-3. In a small town in the Rift Valley, 15 people were killed in an assault lead by an armed group. The problem of the redistribution of land is still evident in Kenya, especially in the Rift Valley. This is one of the key controversial points on which the fate of the country and its return to peace rest, Fr. Tessier concluded. (LM) (Agenzia Fides; 3/3/2008; righe 34, parole 465)