TUNIS TUNISIE

Les 70 ans de la revue IBLA

Patio

Par Jean Fontaine
Jean Fontaine


Déjà, dans le Petit Écho, j’ai souligné deux des derniers anniversaires de cette revue : quarante ans (n° 682) et cinquante ans (n° 784). L’ensemble des activités de la maison a même été présenté cette année (n° 989). Si j’y reviens, c’est que le 70e anniversaire de la revue IBLA a coïncidé avec la sortie du n° 200. Et, à cette occasion, la Bibliothèque nationale de Tunis a organisé une cérémonie où le ministre de la culture a improvisé un discours spontané et sincère sur son itinéraire personnel, du lycée au doctorat d’État, dans les bibliothèques de l’Ibla. Il a souligné aussi le regard favorable du gouvernement tunisien pour cette institution.

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Jean Fontaine et la revue IBLA. A dr. le n°199

Nous avons alors inauguré une exposition avec deux volets parallèles. D’un côté, la revue IBLA depuis sa préhistoire, c’est-à-dire les premiers Cahiers tunisiens abordant des sujets communs aux musulmans et aux chrétiens, jusqu’à maintenant, y compris les 42 publications indépendantes et les anciennes collections. De l’autre, les revues tunisiennes contemporaines de IBLA et dont beaucoup aujourd’hui ont disparu.

Pour terminer, un historien a retracé l’évolution du contenu de la revue et montre son lien avec la bibliothèque universitaire de l’Ibla. Un « lettré » de formation traditionnelle a ensuite montré comment des missionnaires étrangers venus convertir se sont transformés en collaborateurs attentifs à la réalité du pays. Il insiste à plusieurs reprises, comme l’avait fait le Ministre, sur l’esprit de fraternité qui anime les relations que les Pères Blancs ont nouées avec les Tunisiens. Le directeur de l’Ibla (Jean Fontaine) a conclu par un mot sur le comité de rédaction, souverain et libre, composé de dix collègues tunisiens, cinq femmes et cinq hommes. Il s’est posé, pour terminer, la question de la longévité de la revue, à travers trois régimes politiques. Qu’est-ce qui nous permet de porter un regard bienveillant sur les sujets scientifiques présentés dans la revue ? Notre qualité de religieux y est-elle pour quelque chose ? Deux groupes de passeurs se retrouvent à l’Ibla, les Tunisiens musulmans et les prêtres chrétiens. Ce ne peut être indifférent.

Au moment où l’on parle tant de dialogue, ce que font les confrères depuis nombreuses années à Tunis n’en est-il pas un exemple ! L’Ibla, comme l’a montré amplement la cérémonie, est un endroit idéal pour rencontrer les Tunisiens, nouer avec eux et leur société un échange culturel et amorcer, par la suite, un dialogue interreligieux. Peut-on espérer que des confrères plus jeunes viendront nous rejoindre et prendre notre place pour peut-être inventer, dans le même esprit, quelque chose de différent.

Jean Fontaine

Voir aussi
Le site de l'IBLA : http://www.iblatunis.org/

Tiré du Petit Echo N° 993 2008/7

 


 

TUNIS TUNISIA

70 years of the Review IBLA

Patio

Jean Fontaine
By Jean Fontaine

 



I have already highlighted two of the latest anniversaries of this Review: the 40th, in Petit Echo n° 682 and the 50th, in n° 784. The overall activities of the house have even been presented this year, in n° 989. If I am back again, it is because the 70th anniversary of the Review IBLA coincides with issue n° 200.

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Jean Fontaine and the IBLA periodical no 199

In addition, on this occasion, the Tunisian National Library organised a ceremony during which the Minister of Culture improvised a sincere and spontaneous speech on his personal journey from secondary school to State Doctorate in the libraries of IBLA. He also emphasised the high esteem in which the Tunisian Government holds this institution.

We then inaugurated an exhibition with two parallel sections. On one side, was the Review IBLA since its pre-history, i.e., the first ‘Cahiers Tunisiens’, addressing issues common to Muslims and Christians up till now, including 42 independent publications and former collections. On the other, contemporary Tunisian reviews to IBLA, many of which are no longer in existence today.

In conclusion, a history retraced the evolution of the content of the Review and demonstrated its link with the university library of the IBLA. A well-read person with a traditional background then showed how foreign Missionaries, arriving to convert, transformed themselves into co-workers, attentive to the reality of the country. He insisted several times as the Minister also did, on the spirit of fraternity that inspired the relations the White Fathers formed with Tunisians. Jean Fontaine, Director of IBLA, concluded with a word about the editorial board, which is sovereign and free, formed of ten Tunisian colleagues, five women and five men. To conclude, he wondered about the prolonged existence of the Review, through three political regimes. What enables us to bring a benevolent look to bear towards scientific topics presented in the Review? Does our standing as Religious play a role? Two groups of operators are in the IBLA, Muslim Tunisians and Catholic priests. It cannot remain indifferent.

At a time when we speak so much about dialogue, is not what confreres are doing in Tunis for years an example? The IBLA, as the ceremony clearly showed, is an ideal place to meet with Tunisians, bond with them and their society in cultural exchange and subsequently initiate interreligious dialogue. Can we hope that younger confreres will come and join us to take our place, to perhaps conceive, in the same spirit, something different?

Jean Fontaine

See also
Website of IBLA : http://www.iblatunis.org/

From Petit Echo n°993 2008/7