Conférence Internationale sur le Dialogue Musulman Chrétien
Pour trouver le moyen de maintenir la politique de paix
et d'augmenter les chances d'unité nationale.
Khartoum 4 juillet 2007Discours d'ouverture
Par le Cardinal Gabriel Zubeir WAKO
Je me permets de saluer tous ceux qui sont assemblés ici pour cette conférence avec les mots utilisés par le Christ quand il apparut à ses disciples le jour où il ressuscita d'entre les morts : " La paix soit avec vous ! "(Jean 20,20). Jésus avait déjà défini avec grand soin la paix qu'il donnait et qu'il continuerait à donner " C'est ma paix que je vous donne, une paix que le monde ne peut pas donner, c'est le don que je vous faits. "(John 14, 27)
Monsieur le Président, Vôtre Excellence le Maréchal Omar Hassan Ahmad al-BASHIR, j'oserais vous saluer d'une façon particulière, au nom des chrétiens participant à cette conférence, avec les mots que le Christ nous a prescrits d'utiliser lorsque nous nous rencontrons entre frères et surs : " La paix soit avec vous ! " Votre présence à l'ouverture de cette Conférence Internationale sur le Dialogue Musulman Chrétien est bienvenue, elle est une invitation et un encouragement à multiplier et à améliorer les occasions de dialogue sous toutes ses formes, et en particulier sur les moyes de maintenir la paix et sur le renforcement de l'unité nationale. Pratiquement tout le monde est convaincu que les Chrétiens et les Musulmans peuvent contribuer énormément à la paix et au bien général au Soudan - et partout ailleurs - s'il s se laissent guider par les enseignements authentiques de leur foi respective, et tout le monde s'attend à ce qu'ils le fassent. Notre pays a beaucoup souffert dans les années passées - et il continue de souffrir - de la violence et des conflits. Dans le même temps des appels au dialogue et à des négociations pacifiques se sont fait entendre avec insistance, mais certains sont tombés dans les oreilles de sourds. Nous nous concentrons trop, quand ce n'est pas exclusivement, sur les questions du pouvoir, de la politique, des ressources, de la sécurité, du développement .. et nous oublions la seule question qui plane sur l'ensemble de ces problèmes : la question de la religion. C'est la seule question capable de donner sa vraie place au dialogue entre êtres humains, car on touche là au fond même du cur humain, à l'esprit et à la conscience de l'homme. Car la religion authentique est la force cachée qui peut transformer les êtres humains en créatures de Dieu, telles que Dieu les a créées et telles qu'Il les veut dans sa création.
Je crois que tous les chefs religieux ici présents comprennent le sens de votre présence. Les participants à ce colloque sont principalement Musulmans et Chrétiens. J'espère qu'à l'avenir nous inviterons aussi les nombreux citoyens qui ne sont ni Musulmans ni Chrétiens, mais qui appartiennent à d'autres confessions qui croient aussi au Dieu Unique, qui s'efforcent de se laisser guider par sa loi qui est inscrite dans leurs curs et leurs consciences, et qui apportent aussi leur contribution à la paix et au bien-être de notre pays. Notre Constitution reconnaît l'existence de ces groupes, mais rien n'est pratiquement fait pour les amener à sentir qu'on les reconnaît pour ce qu'ils sont.
Merci, M. le Président, pour votre présence ici.Je veux aussi remercier Son Altesse Royale le Prince Al-Hassan Ben Talal sous les auspices duquel nous tenons cette conférence. Je veux redire mon appréciation pour la sage décision qui a été prise d'offrir aux Chrétiens et aux Musulmans en provenance de plusieurs pays l'occasion de se retrouver ensemble pour réfléchir sur le trésor de la foi qui leur a été donnée par Dieu et pour explorer les bénédictions enchâssées dans cette foi pour le bien de toute la race humaine.
J'ai accepté de prendre part au moins à une partie de cette conférence en vue d'encourager ceux qui prennent le dialogue interreligieux sérieusement et honnêtement. Comme prélat de l'Eglise Catholique le plus élevé dans ce pays, je tiens à souligner, pour le bénéfice de tous les Chrétiens, l'importance du dialogue interreligieux et de toute forme de dialogue sincère entre les peuples. Je tiens surtout à vous remémorer le message que les Evêques Catholiques ont proclamé en 1993, appelant tous les Chrétiens à prendre part au dialogue de paix, au dialogue pour la promotion d'une meilleure compréhension mutuelle, pour les respect mutuel, pour la coopération mutuelle au sein du Peuple Soudanais, entre les Chrétiens et les Musulmans, entre les différentes tribus et cultures qui forment la substance de notre nation. Ma détermination est renforcée par les paroles du Pape Benoît aux représentants de communautés musulmanes de Cologne : " Chrétiens et Musulmans, vous devez faire face ensemble aux nombreux défis de notre époque. Il n'y a pas de place pour l'indifférence et le détachement, encore moins pour la partialité et le sectarisme. Le dialogue interreligieux et entre cultures différentes, entre Chrétiens et Musulmans, ne peu pas être réduit à un simple choix entre matières optionnelles. C'est une question d'importance vitale, qu'on ne peut mettre de côté, et de laquelle dépend notre avenir dans une large mesure ".
Dans quelques interventions que j'ai faites, j'ai insisté sur ce que j'appelais le Dialogue de Vie, un dialogue qui intéresse le peuple soudanais plus que toute autre chose, et que les Soudanais apprécient beaucoup. Ce dialogue descend jusqu'à la racine de toute question et affecte différemment la vie de tous. Le dialogue interreligieux se vit dans les détails de la vie quotidienne. S'il en est ainsi, on peut se poser des questions sur le bien-fondé et l'efficacité de conférences bien organisées sur le dialogue interreligieux comme celle à laquelle nous sommes en train de participer. La question que je pose est très simple : comment allons-nous faire parvenir nos suggestions et nos recommandations à ceux qui en auraient bien besoin sur le terrain ? J'ai surtout en vue ceux qui organisent, prennent en main, guident et contrôlent la vie politique, économique, sociale, culturelle, et religieuse du pays et de ses citoyens, ainsi que le système d'éducation nationale. Comment les atteindre ? J'ai bien peur aussi qu'un forum comme celui-ci ne nous offre pas assez de possibilité d'approfondir le sens des questions qui sont soulevées. Il y a aussi le danger que nous ne soyons pas prêts à faire face à certains problèmes, comme je l'ai plusieurs fois remarqué dans le passé. J'ai bon espoir qu'on n'ignorera pas ces craintes et qu'on essayera sincèrement de les calmer.
Il faut tout de même admettre que des meetings comme celui-ci sont utiles, et je demande instamment à tous les participants de faire en sorte que cette réunion soit une source de grand profit pour tous. Des conférences sporadiques ne présentent aucun intérêt pratique. De plus le dialogue pour la paix et l'unité demande que nous abordions les problèmes de justice et de vérité, ou plutôt que nous nous efforcions de comprendre ce qu signifient ces mots dans la vie pratique pour les Chrétiens et les Musulmans. Injustice, manque de respect les uns pour les autres, la présentation systématiquement erronée des motifs, des idées et des faits, les préjudices : voilà les causes majeures de l'agitation et des troubles dans la société. C'est la raison pour laquelle les thèmes choisis pour les Conférences sur le Dialogue Musulman Chrétien devraient devenir de plus en plus spécifiques pour couvrir dans les détails les champs variés de l'activité humaine et de la vie. Ces thèmes devraient toucher à la politique, à l'économie, à la culture, à l'éducation, à la vie familiale en vue de nous aider à nous comprendre et à nous respecter les uns les autres, ainsi que les valeurs que nous chérissons.
Je vous remercie pour votre attention
Signé : Gabriel Cardinal Zubeir Wako,
Archevêque de Khartoum
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Conférence Internationale sur le Dialogue Musulman-Chrétien
pour trouver les moyens de maintenir une politique de paix
et de faire avancer l'unité nationale(5 juillet 2007)
Intervention du Cardinal Gabriel Zubeir Wakao, archevêque de Khartoum
Après la conférence qui s'est tenue en 1994 sur le dialogue interreligieux, je m'étais juré de ne jamais prendre part à une autre conférence de ce genre. Cette Conférence fut une parodie. Il n'y eut pas de liberté de parole. Pour moi, tout dialogue demande, non seulement la liberté de parler pour tous les participants, mais aussi l'ouverture d'esprit qui leur permet d'écouter. Car le dialogue est aussi une façon d'apprendre.Comme je l'ai dit hier, j'ai choisi de participer à cette Conférence parce qu'elle semble vouloir conduire éventuellement à la prise de mesures pratiques, parce qu'elle a un but en vue, qui est la coexistence pacifique et l'unité nationale. De plus cette Conférence donne aux Chefs Religieux la place qui leur est due. Comment se fait-il que les Chefs Religieux, Chrétiens et Musulmans, n'aient pas pris l'initiative de cette conférence ? Serait-ce parce qu'ils étaient aveugles au point de ne pas voir ce qui se passait dans notre pays toutes ces années passées, en fait depuis l'Indépendance ? Etaient-ils sourds aux cris des pauvres, des marginalisés, des opprimés, des affamés, des personnes déplacées, des victimes de viols et de massacres aveugles, et de tous ceux et de toutes celles qu'on brimait et dépossédait de leurs biens ? Je suis pourtant pleinement conscient que les chrétiens qui détenaient une parcelle d'autorité dans ce pays élevèrent la voix à plusieurs reprises pour réclamer l'égalité, la justice, le respect de la dignité humaine, pour défendre les droits de l'homme, la paix, la liberté religieuse, et pour protester contre tous les abus de pouvoir. Il fut difficile de faire entendre nos protestations et nos réclamations sans prendre le risque d'encourir la colère des hommes politiques et les soupçons de la police de sécurité. Nous étions assimilés à des rebelles. Nous étions les cibles d'accusations déplaisantes : d'être des rebelles, des agents de la cinquième colonne, des menteurs, des ennemis du pays, des marionnettes à la solde des pays de l'ouest, et j'en passe . Maintenant, depuis que nous avons négocié ce Traité de Paix qui a pris en considération tous les problèmes, la situation s'est bien améliorée. De fait, depuis notre entrée dans le nouveau millénaire, le pays s'habitue de plus en plus à la coexistence et à un climat de paix et d'unité nationale. Les gens prennent de plus en plus conscience que la Religion devrait jouer un rôle beaucoup plus actif dans le efforts que nous faisons pour protéger et affermir la paix, cette paix pour laquelle nous avons lutté si longtemps avant de l'obtenir, et dans les efforts que nous sommes encore appelés à fournir pour d'autres négociations de paix dans l'avenir.
Nous nous trouvons à un tournant de notre histoire: derrière nous s'étale le passé que nous ne pouvons que déplorer et devant nous s'étend un avenir plein de promesses.
Arrivés à ce tournant les Musulmans et les Chrétiens doivent être prêts à tourner résolument le dos au passé. Dans leur mentalité les Chrétiens se sentent appelés à une conversion radicale, c'est-à-dire à pardonner et à travailler pour la réconciliation. Nous avons tous grand besoin que notre mémoire passe par un processus de guérison, c'est le seul traitement qui permettra à toux ceux qui ont souffert de la haine et de la persécution de se débarrasser petit à petit de toute amertume et colère, de tout ressentiment et désir de vengeance. Quant à ceux qui ont donné libre cours à cette haine, qui ont fait souffrir et qui ont persécuté, que ce même processus de guérison les amène à reconnaître leurs torts, qu'ils aient le courage d'admettre qu'ils ont joué un rôle déplorable dans ce déplorable passé, et qu'ils demandent pardon. Ce message est important aux yeux des Chrétiens si l'on veut que la société se transforme, comme aussi les relations entre les peuples.
Les problèmes du passé ne sont pas nécessairement chrétiens ou musulman, même lorsqu'ils étaient d'origine chrétienne ou musulmane. C'est exactement sur ce point qu'il faut à tout prix retirer la couverture de la religion et exposer le ou les individus qui se dissimulent sous cette couverture et les forcer à répondre de leur conduite. C'est de cette manière qu'on finira par dissocier l'aspect religieux des erreurs de leurs adhérents et qu'on aura une meilleure chance de nous colmater avec les maux auxquels nous sommes amenés à faire face. La religion est au service de Dieu et des êtres humains. Le meilleur service qu'elle puisse rendre est de se départir des individus ou des groupes d'individus qui prétendent agir en son nom alors qu'ils ne servent que leurs intérêts égoïstes et tordus. La religion est une force, mais elle est en même temps très vulnérable, une force qui se prête facilement à la manipulation. Les personnes qui occupent des positions de responsabilité dans les églises et les sectes doivent être extrêmement prudents et ne pas verser dans la manipulation.
Nous sommes maintenant parvenus à un point où il faut construire une société nouvelle. . Nous avons de nos jours à faire face à beaucoup de défis. Le premier défi, c'est celui de la sécularisation, i.e. la tendance à détrôner Dieu. Notre premier devoir est de ramener Dieu au centre de tout, au cur des hommes comme au centre de leur vie et de leurs affaires. Dieu ne veut avoir à faire qu'à des êtres humains qui le connaissent, qui l'aiment et qui le servent; qui peuvent faire partager leurs convictions religieuses et leur foi en Dieu avec tout le monde, tout en insistant sur la dignité de chacun et sur le respect dû à chacun. Cette position exclut évidemment toute forme de coercition en matière de foi. Dieu n'a pas besoin d'une armée ou d'hommes de loi pour défendre ses droits.
Quand Dieu se voit exclure de la société ou lorsque la société ne connaît qu'une caricature de la divinité, la situation se détériore rapidement : il n' y a plus de valeurs morales stables, la morale devient une valeur tout à fait relative. Pourtant tous les hommes sont pleinement convaincus, en leur âme et conscience, que Dieu a implanté en eux sa volonté et sa loi. Nous nous réjouissons ouvertement et avec gratitude de ce que les Chrétiens et les Musulmans se sont souvent trouvés dans le passé au coude à coude pour la défense de certaines valeurs morales et familiales. C'est la vérité qui nous permet de ne pas sombrer dans le chaos moral. Il est vrai que la vérité est vulnérable et peut facilement être l'objet de manipulations. Les médias nous en ont malheureusement donné de nombreux exemples. C'est aussi le cas des programmes officiels d'éducation qui servent au public des demi vérités ou des vérités qui ne sont pas bonnes à dire, quand ils ne les abreuvent pas de mensonges et d'erreurs. Je ne m'étendrai pas davantage sur les accusations que je viens d'avancer, je me contenterai de dire que nous avons grand besoin de courage et de sagesse pour défier les autorités quand, dans l'exercice de leurs fonctions, elles versent intentionnellement dans le mensonge. Coexistence et unité n'ont aucune chance de s'implanter et de durer si le pilier sur lequel elle repose est continuellement déstabilisé, i.e. si la vérité est continuellement bafouée.
L'homme en temps qu'être humain doit aussi être rétabli dans sa dignité originelle, qui est d'être une créature de Dieu, une créature qu'il a faite à Son image et à sa ressemblance. C'est la raison pour laquelle l'Eglise Catholique proclame avec tant d'insistance la dignité de toute personne humaine quelle que soit sa couleur ou sa religion ou sa race ou sa position sociale. C'est la raison pour laquelle l'Eglise défend les droits humains, qu'elle défend avec tant d'opiniâtreté les droits de l'homme, en particulier le droit à la vie et le droit à la liberté, en mettant un accent spécial sur le droit à la liberté religieuse. Elle professe que l'égalité fondamentale de tous les êtres humains est voulue par Dieu leur Créateur.
La personne humaine est, de par sa nature, un être social. Ce que Dieu veut pour la race humaine, c'est l'unité et la solidarité. Le chrétien associe l'unité et la solidarité avec l'amour qui s'exprime dans le service et dans la promotion effective de la dignité humaine, plus particulièrement dans le cas des pauvres et des personnes désavantagées.
Ces simples affirmations ouvrent aux chrétiens un vaste champ d'action, mais ils doivent être habités du sens profond qu'ils ont une mission à remplir, et que cette mission les concerne personnellement. Ce que je répète aux chrétiens, c'est qu'ils sont de plein droit citoyens de ce pays et qu'il leur appartient de mener ce pays à la ruine ou au contraire à la grandeur. Je leur fait comprendre que quoi qu'ils fassent, ils partageront le sort de leur pays, pour le meilleur ou pour le pire. C'est pourquoi il est indispensable d'inculquer dans chaque citoyen et citoyenne la conviction profonde qu'il ou elle appartient à la nation. Ce Dialogue auquel nous allons nous livrer doit inclure une analyse approfondie des adjectifs que nous accolons à notre pays : le Soudan est un pays 'africain' ou 'islamique' ou 'arabe' ou tout bonnement 'soudanais'. Mais qu'est le Soudan, au juste ? Certains de ces termes excluent certaines catégories de personnes et affaiblissent donc leur motivation à contribuer effectivement à l'uvre de construction de la nation dans les zones de la coexistence et de l'unité nationale. Ce n'est pas nécessairement la conséquence de l'attribution de ces épithètes mais plutôt la façon dont ils sont interprétés et utilisés pour définir les relations entre les peuples, particulièrement ceux qui se sentent exclus, tout au moins en théorie.
Je vais arrêter ici ce qui ressemble fort à un traité de l'Eglise Catholique sur la question sociale et retourner à l'initiative que nous avons entreprise, de lancer le Dialogue Musulman Chrétien. Nous qui sommes présents ici sommes des chefs religieux et des érudits. Je me permets de penser que nous avons tous réfléchi longuement sur le sens à donner au mot Dialogue et à son importance pour la co-existence pacifique des peuples. Ma première question est celle-ci : comment allons-nous faire parvenir les apports de cette Conférence à la base ? Quelles sont les ressources dont nous disposons pour ce projet ? Ma seconde question est la suivante : comme nous devons prendre l'initiative de lancer d'autres forums de dialogue avec les leaders politiques, avec les personnes aux commandes de la vie économique du pays, avec ceux qui exercent in forte influence sur la vie sociale de la nation et ceux qui contrôlent le système d'éducation et les moyens de communication de la société, ce sera quand et comment ? Tous ces groupes sont directement concernés dans ce que nous sommes en train de discuter, le Dialogue. Ces groupes détiennent les forces qui joueront un rôle déterminant, soit dans la création de la co-existence pacifique et de l'unité nationale, soit dans la continuation de l'état de guerre et la division nationale.
Je forme aussi le vu que certains des intervenants dans le débat osent suggérer l'idée que les chefs religieux chrétiens et musulmans puissent faire entrer - voire se fassent un devoir d'inscrire dans leurs agendas le Dialogue Interreligieux comme un priorité. C'est mon vu le plus cher que la co-existence et l'unité chez les Soudanais passent du plan théorique et de l'état de vu pieux dans la réalité de la vie de chaque jour.J'appelle sur vous tous les bénédictions de Dieu
Signé : Gabriel Cardinal Zubeir WAKO,
Archevêque de Khartoum
International Conference on Muslim-Christian Dialogue,
for the Sustainability of Peace and the Enhancement of Unity.
Khartoum: July 4th, 2007.Introduction: by Gabriel Cardinal Zubeir Wako
To all of you gathered here for this conference I give the greeting the Lord Jesus made to his disciples the day he rose from the dead: "Peace be with you." (Jn. 20:20). Jesus had carefully defined the peace he was and would be giving: "my own peace I give you, a peace the world cannot give, this is my gift to you." (Jn. 14:27).
Mr. President, Your Excellency Field Marshal Omar Hassan Ahmad al-BASHIR, in the name of the Christian participants at this Conference I give you personally that greeting Jesus entrusted to us to share with all brothers and Sisters, "Peace be with you!" Your presence at the opening of this International Conference on "The Muslim-Christian Dialogue" is a welcome message an encouragement to enhance and improve dialogue in all its forms and in particular for the Sustainability of Peace and the Enhancement of National Unity. It is the conviction and the expectation of most people that Christians and Muslims can contribute immensely to peace and general wellbeing not only in the Sudan if they allow themselves to be guided by the truly authentic principles of their faiths. Our country has suffered greatly these past years and continues to suffer because of violence and conflicts. At the same time there have been insistent calls for dialogue and peaceful negotiations, some of which have been unsuccessful. We focus too much and often exclusively on power, politics, wealth, security, ethnicity, development . . . and forget the sole element that cuts across all these, religion, which alone is capable of placing dialogue between human beings where it truly belongs, in the depth of the human heart, mind and conscience. For authentic religion is the hidden force that can transform human beings into the beings God who created them wants them to be. - I believe that the religious leaders present here appreciate your gesture of presence. As we gather here mainly as Christians and Muslims I hope that in the future we shall include the numerous other citizens who belong to neither group but who truly believe in one God, strive to be guided by his law that is written in their hearts and consciences, and who contribute effectively to the peace and the wellbeing of our country. Although our Consitution mentions these groups, there is not much done to make them feel they are truly recognized for what they are. - Thank you, Mr. President for being here.
I thank His Royal Highness Prince Al-Hassan Ben Talal under whose auspices this conference is being held. I appreciate the wisdom of offering such an occasion for Muslims and Christians from various countries to come together to reflect on the treasure of faith that God has given them and to explore the blessings enshrined in that faith for the good of the whole human race.
I accepted to attend at least part of this conference in order to encourage all those who take Inter-religious Dialogue seriously and honestly. As the highest prelate of the Catholic Church in this country I want also to send a message to the Christians that inter-religious dialogue and any form of genuine dialogue among people is very important, but especially in order to reiterate the message we, the Catholic Bishops, issued in1993 calling on them to take part in "the dialogue of peace, the dialogue for the promotion of greater understanding, mutual respect and cooperation, among the Sudanese People, between Christians and Muslims, and between the various tribes and cultures that make up our nation." - I am also motivated by Pope Benedict's words to representatives of Muslim communities in Cologne, "Christians and Muslims, we must face together the many challenges of our time. There is no room for apathy and disengagement, and even less for partiality and sectarianism . . . Interreligious and intercultural dialogue between Christians and Muslims cannot be reduced to an optional extra. It is in fact a vital necessity, on which in large measure our future depends."
In some of my talks I have insisted on the Dialogue of Life, which seems prevalent and appreciated among the Sudanese people. That is where dialogue goes to the grass roots and affects the lives of people very effectively. Interreligious dialogue must be lived in the concrete circumstances of daily living. This statement raises doubts about the effectiveness of such well organized conferences on Interreligious Dialogue between Muslims and Christians as the one we are holding. My question is: How do we get our suggestions and recommendations to those who could make good use of them e.g. those who organize, handle, guide and control the political, economic, social, cultural, religious and educational life of the country and its citizens? My other fear is that such a forum does not offer sufficient opportunity for deepening the understanding of issues raised, or we might not be prepared to face certain issues, as I noticed in past conferences. My hope is that some attention be given to these fears and some effort exerted to calm them.
Yet such meetings are helpful and I appeal to all the participants to make it so. Sporadic conferences will not bring this about. - Moreover the dialogue for peace and unity demands that we address the issues of justice and truth, or rather, strive to understand what these words mean in practice for the Christian and the Muslim. Injustice, lack of respect for one another, misrepresentation and prejudice are the major causes of unrest among people. This is why the themes for Conferences on Muslim-Christian Dialogue should gradually become very specific going down into the various fields of human activity and life: into politics, economics, culture, education, family life . . . in order to help us understand and respect one another and the values for which we stand.
I thank you all for listening.
Gabriel Cardinal Zubeir Wako
Archbishop of Khartoum
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The International Conference on the Muslim-Christian Dialogue
On The Sustainability of Peace and the Enhancement of National Unity
(July 5, 2007
Intervention of Gabriel Cardinal Zubeir Wako Archbishop of KhartoumAfter the Inter-religious Dialogue Conference of 1994, I decided never to attend such Conferences any more. The reason is simple: there was no dialogue in the 1994 Conference. The Conference was a show. There was no real freedom of speech. Now I believe that every dialogue demands not only freedom for the interlocutors to speak, but also openness to listen. For dialogue is also a learning experience.
As I said yesterday, I have chosen to attend this conference because it seems meant to lead eventually to action, and has a goal: peaceful coexistence and unity. Moreover it gave some prominence to Religious Leaders. Why did the Religious Leaders, Christians and Muslims, not take the initiative themselves? Is it that they were blind to what had been going on in our country all these years, in fact right from Independence? Have they been deaf to the cries of the poor, the marginalized, the oppressed, the hungry, the displaced, the victims of rape and indiscriminate massacre, and the dispossessed? I know however that we the Christian leaders in this country have raised our voices on several occasions for equality, justice, respect for human dignity, for human rights, peace, religious freedom . . .etc. . . It was difficult to voice our pleas without incurring the wrath of the political leaders and arousing the suspicion of the security people. We were considered rebels, and called fifth columnists, and other derogatory names such as "liars and enemies of the country, stooges of the West . . . . - But now, after the Comprehensive Peace Agreement the situation has changed for the better. In fact since the turn of the century a climate more conducive to coexistence, peace and unity has been developing in the country. There is a general feeling that Religion should play a more active role in helping the nation to protect and strengthen the peace that took us so long to achieve, and to pave the way for other forthcoming peace efforts.
We are on a watershed: behind us is a past which we rightly ought to deplore, and before us a future full of promises of good things to come.
Standing on this watershed both Muslims and Christians must resolutely turn their backs to the past. In the Christian thinking this is a call to conversion, which includes forgiveness and reconciliation. All of us need to undergo the process of the "healing of memories", that melts down bitterness, anger, resentment, and thoughts of revenge on the part of those who have been on the receiving side of evil. The process should also render the perpetrators of evil to be courageous enough to acknowledge their contribution to the deplorable past and to ask forgiveness. - This is an important Christian message for the transformation of society and the relationships between peoples.
The problems of the past were not necessarily Muslim or Christian, though they were caused by Christians and Muslims. This is where an effort must be made to remove the blanket of religion so as to expose the person, the individual or the group under the blanket, and get him(them) to answer for his(their) conduct. In this way the religions in question disassociated from the "sins" of their adherents, and so stand better chances to remedy the evils being addressed. Religion is at the service of God and human beings. Its best service is that of freeing itself from individuals or groups that claim to work in its name while they are truly serving their own narrow and distorted interests. Religion is powerful but at the same time very vulnerable and liable to manipulation. Religious leaders need to be watchful in this regard.
From the watershed we have to move into the valley of building up a new society. Today we have to face many challenges. The first of them is secularism, the trend that dethrones God. Our task is to allow God to return to his throne in human lives, hearts and affairs. He needs only people who know him, love him and serve him and who can effectively share their notion of and faith in God with the others with full respect to their dignity. This rules out any form of coercion in matters of faith. God does not need an army or lawyers to defend his rights. - When God is excluded or wrongly represented we fall into a situation that is developing fast: the lack of stable moral values, and the growth of moral relativism. Yet in the heart of every human being and conscience God has instilled his word and will. We must be grateful that Muslims and Christians have often stood side by side to defend some moral values like those regarding marriage and the family. The secret to overcoming our sliding into moral chaos is the "truth". Truth is vulnerable and easily manipulated. We have seen this happen in the Media and in our educational programs where the public and the students are overwhelmed with half and sometimes very harmful truths, if not down right lies and falsehoods. I do not want to comment on this statement, except that we need the courage and the wisdom to challenge institutional propagation of falsehood. Coexistence and unity are impossible if one of their pillars, namely, truth, is continuously being destabilized.
But also man, the human being, needs to be restored to his original dignity as a being deliberately created by God to his own image and likeness. This is why the Church insistently upholds the dignity of every human person irrespective of his (her) color, religion, race, or social position. It is why the Church resolutely defends human rights, particularly the rights to life and to freedom with special emphasis on religious freedom. She professes the basic equality of all human beings as willed by God who created them.
The human person is by his(her) nature a social being. This is God's will for the human race: unity and solidarity. The Christian associates unity and solidarity with love that is expressed as service and effective promotion of human dignity especially as regards the poor and the most disadvantaged.
These simple statements give Christians a wide scope for action. They have however to be filled with a strong sense of mission and of belonging. What I say to Christians is that you are full blooded citizens of this country, you can pull it down or raise it up. But whatever you do, you fall or rise with it. - This is why it is necessary to instill in every citizen a strong sense of belonging to this nation. Our Dialogue must include a careful assessment of the names we give to our country: African, Islamic, Arab, Sudanese . . . Some terms exclude certain categories of people, and weaken their motivation to contribute effectively to nation building especially in the areas of coexistence and unity. This is not necessarily the consequence of the "names" given, but rather the way they are interpreted, and used to define the relationships between people particularly those who feel excluded at least in theory.
I stop here with what seems a treatise on the Church's Social Doctrine to return to the initiative we are undertaking: Muslim and Christian Dialogue. Here we are Religious Leaders and Scholars. I assume that we have been reflecting long on the meaning of Dialogue and its importance for peaceful coexistence among people. My first question is: how do we get the inputs of this Conference down to the grassroots? And what resources are at our disposal to do so? The second question is: When and how should we initiate another forum of dialogue: with the political leaders, with those who control the economic life of the country, those who exercise a strong influence in the social life of the nation, those who manage our education and social communication systems? All these groups are powerful stakeholders in what we are discussing. They are powerful forces for Peaceful co-existence and Unity and also for war and disunity.
I also expect that some of the speakers will suggest ways in which Christian and Muslim Religious Leaders in this country can and should effectively place Inter-religious Dialogue as one of the priorities in their Agendas. It is my prayer that coexistence and unity among the Sudanese move from theoretical wishful considerations into the arena of everyday life.
God bless you all.
Gabriel Cardinal Zubeir Wako
Archbishop of Khartoum