Agence Misna

AFRIQUE 5/6/2007 16.34
FORUM DES PEUPLES DANS LA CAPITALE MALIENNE DU COTON, ESPACE DE DIALOGUE


"Le Forum des peuples s'est ouvert sous un soleil cuisant et une température de 40 degrés alors que nous sommes censés être au début de la saison des pluies. Des banderoles ont été accrochées aux quatre coins de la ville où l'on respire un climat de fête". C'est ce que rapporte à la MISNA une source missionnaire locale contactée à Sikasso (370 km au sud de la capitale Bamako), où la 6ème édition du Forum des peuples (partie intégrante du Forum social mondial), rebaptisé le "sommet des pauvres", est en cours depuis hier soir et tiendra ses assises jusqu'à jeudi, parallèlement au G8 prévu du 6 au 8 juin à Heiligendamm (Allemagne).

Le choix de Sikasso, surnommée au Mali la "cité verte", véritable grenier agricole du pays, et considérée la capitale du coton, "l'or blanc" de plusieurs pays africains, est hautement symbolique des rapports déséquilibrés entre le Sud et le Nord du monde. Sikasso recèle aussi d'importants gisements d'or, comme la mine de Kalana, et pèse lourd dans la balance commerciale du Mali. Malgré ces atouts de taille, la population locale vit une situation difficile et le tissu social est délabré. Il s'agit d'un malaise commun à nombre de pays du continent, conséquence de contraintes politiques dont les origines sont à rechercher dans les pratiques néo-libérales (subventions à l'exportation aux producteurs des pays industrialisés, fermeture des marchés du Nord, prix des matières premières sur les marchés mondiaux sujets aux fluctuations du cours du dollar) et dans l'exploitation des ressources africaines par des multinationales étrangères. Raison pour laquelle "nous devons rester très très mobilisés en vue du G8.

Il faut dire non aux politiques néo-libérales et dire au G8 que les avantages de la mondialisation doivent profiter à tous les pays du monde, qu'il faut annuler la dette des pays du Tiers-monde de manière inconditionnelle" a déclaré à l'ouverture des travaux Barry Aminata Touré, présidente de la Coalition africaine Dette et développement (Cad-Mali). En effet, "nous sommes déçus des discours mielleux du G8 qui ne tient pas du tout ses promesses d'annulation de la dette des pays pauvres mais aussi d'aide au développement" a souligné Dounatié Dao, directeur exécutif de la Cad-Mali.

"A Sikasso, nous tenons notre sommet sous des cases, des paillotes, à l'air libre alors que le G8 tiendra son sommet enfermé, encadré par les milliers de policiers, un peu comme si les riches de ce monde avaient mauvaise conscience" a lancé Nouhoun Kéita, un des porte-parole du Forum des peuples.

Pendant ces trois journées de rencontres, quelque 800 participants venus à Sikasso de tout le Mali, du Bénin, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée, du Niger, du Sénégal et des délégués de France, de Belgique et du Canada évoqueront aussi les thèmes de la situation sociale en Afrique, des dangers des Ogm (organismes génétiquement modifiés), de la souveraineté alimentaire et de l'immigration.

A ce propos, un membre de l'Association malienne des expulsés (Ame), Joël Diarra, déclare que "fermer à double tour les frontières n'est pas la solution. Si on veut que les Africains restent chez eux, il faut mettre un accent sur le développement local". C'est dans une telle direction que s'inscrit une proposition forte de la Cad-Mali qui sera examinée à Sikasso: celle de la création d'une "Banque du Sud" visant à "contrecarrer les effets néfastes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (Fmi) et trouver des solutions aux problèmes de développement du continent africain".

D'ailleurs, la 5ème édition du Forum des peuples, tenue en juillet 2006 dans la ville malienne de Gao (1.000 km au nord de Bamako) avait lancé un appel à la dissolution de ces deux organismes financiers, qualifiés de "cheval de Troie" du néo-libéralisme exploitant les pays pauvres. "Ces deux institutions sont parvenues à leur limite et doivent à présent céder la place à d'autres structures contrôlées par les Etats et non par les milieux d'affaires occidentaux qui jusqu'ici ont fixé des règles ayant porté au surendettement des pays et à la paupérisation croissante des populations" a souligné la présidente de la Coalition africaine Dette et développement.

Une réflexion sur ce thème a déjà été engagée dans plusieurs pays d'Amérique du Sud, comme le Venezuela, où le président Hugo Chavéz a récemment annoncé le retrait de Caracas de la Banque mondiale et du Fmi. [VV]


 

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In English

AGENCE FIDES

MALI 4/6/2007 10.33
THE FORUM OF PEOPLES, MALI: AFRICA’S REPLY TO THE G8


Several hundred delegates from West Africa (Benin, Ivory Coast, Guinea, Nigeria, Senegal) as well as France, Belgium and Canada have attended the opening of the sixth edition of the “Forum of Peoples” in Sikassi, in southeastern Mali. Some consider this to be Africa’s counterpart to the G8, which is now talking place in Germany. The problem of debt, economic collaboration accords, privatization, GMO’s, access to water, internal conflicts and UN Millennium Objectives are among the main themes to be discussed.

The event is organized every year by the ‘Coalition of African Alternatives for Development and Debt’ (Cad-Mali), and it is also financially supported by such organizations as the ‘Catholic Committee Against Hunger’. The notion of a Bank for the South is also on the table, as an alternative to the World Bank - mired in leadership problems – as announced by Barry Aminata Touré, president of Cad-Mali, who added that the IMF and the World Bank have reached their ‘limit’ and they must give way to other organisms that are not controlled by Western business interest groups, but by states themselves. The consequences of the social and economic policies ‘imposed’ by the World Bank and the IMF, said Touré, are the high levels of debt of African States and the growing poverty of the population.

Last year, the participants at the Fifth edition of the meeting ended their talks by appealing for the dissolution of the World Bank and IMF, described as ‘trojan Horses’ for the neo-liberal system and aimed solely at exploiting the poorest countries. [AB]