Missionnaires d'Afrique
Province Zambie

Oswald Mallya M.Afr

ZAMBIE LUSAKA KABWATA

PASTORALE URBAINE

Vivre selon l’Évangile (Matthieu 25,31-46)

Les Missionnaires d’Afrique sont en charge de deux paroisses à Lusaka, Good Shepherd (Bon Pasteur) dans le quartier Kabwata et Charles Lwanga dans le quartier Regiment. Kabwata et Regiment sont à 15 minutes en auto du centre de Lusaka. Nos deux paroisses urbaines ont un territoire beaucoup plus petit que celui qu’on trouve dans nos paroisses rurales. Mais elles sont densément peuplées.

Kabwata
Kabwata église du bon pasteurLa paroisse Good Shepherd s’étend sur 8 km dans un quartier d’environ 200 000 habitants. Sur le territoire, il y a deux des plus grandes prisons de Zambie, Lusaka Central et Kamwala Remand Prison. On y trouve aussi le plus grand hôpital de Zambie, le centre hospitalier universitaire University Teaching Hospital (UTH). Sur la partie ouest de notre paroisse, le bidonville de Misisi Compound rassemble 80 000 personnes. La paroisse a été fondée en 1954. Les leaders chrétiens y sont bien formés. Alors, qu’y font les Missionnaires d’Afrique ? On ne peut pas parler ici de « première évangélisation » !

Il faut plutôt aborder la question de notre présence à Kabwata sous l’angle social. On retrouve alors un charisme et une priorité des MAfr. Nous savons comment les prisonniers souffrent dans la plupart des prisons africaines et combien la vie est déshumanisante et misérable dans les bidonvilles. Qui peut ignorer le stress qui surgit quand un malade est admis dans un hôpital d’Afrique où il manquera de soins et de médicaments appropriés. Il est aussi de notoriété publique que le virus du sida est un fléau qui frappe particulièrement la population africaine subsaharienne. C’est cette situation sociale qui est la raison d’être (en français dans l’original anglais) de notre présence dans une paroisse ancienne et bien établie comme Good Shepherd de Kabwata. « La communion aux aspirations et aux souffrances des hommes exige de nous une attention aux plus pauvres, un engagement pour la justice et la paix, un souci de la promotion des hommes à une vie plus humaine. Ainsi, tous et chacun seront mieux reconnus dans leur dignité d’enfants de Dieu » (Constitutions et Lois, article 7). On ne s’étonnera donc pas si beaucoup des activités de la paroisse Good Shepherd rejoignent les œuvres de charité décrites en Matthieu 25.

‘J’étais orphelin…’
Home pour les enfants de la rueL’école St. Lawrence s’occupe de 1 100 enfants en difficulté. Parmi eux des orphelins et une catégorie qui a « des besoins spéciaux », 56 jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage. Ce sont des handicapés. L’école leur ap­prend à s’adapter et à survivre dans le monde. À l’âge de 16 ans, quand un élève ne peut plus progresser dans les matières académiques, il est dirigé vers la section technique qui tient compte de son handicap. Il y a beaucoup d’analphabètes dans le milieu. L’après-midi, l’école leur offre des cours d’éducation aux adultes. Ceci dit, notre école donne une éducation de qualité à tous les jeunes. Nous avons toujours un très haut pourcentage de réussite lors des examens de fin d’école primaire. Et au secondaire, le niveau est bon malgré notre manque de personnel qualifié et de matériel didactique.

Un centre d’apprentissage technique forme beaucoup d’apprentis venant du bidonville Misisi et de la foule des jeunes chômeurs. Ici aussi on initie à l’ordinateur, à la couture, au jardinage, à la menuiserie. C’est notre « office de la jeunesse » (Youth Development Desk) qui s’occupe de ce service sous la direction de sœur Ann Chikanji, des Saints Cœurs de Jésus et Marie. Notre objectif est de faire sortir les jeunes du cercle vicieux de la pauvreté.

‘J’étais malade…’
Nous avons deux unités de soins de santé à domicile, Home Based Care (HBC). Ils offrent des soins palliatifs à domicile aux sidéens et autres malades, font du counselling, organisent des ateliers sur le style de vie, sur les changements nécessaires de comportement. Ils organisent des cliniques pour examen volontaire afin de détecter la présence du virus du sida. Les HBC offrent aussi un service ambulancier pour conduire les malades alités dans une clinique ou un hôpital. Les HBC font des visites régulières aux domiciles des malades, qu’ils soient sidéens ou qu’ils souffrent d’autres ma­ladies. Actuellement dans nos deux HBC, nous suivons plus de 300 malades avec l’aide de 65 volontaires.

‘J’étais en prison…’
Notre service dans les prisons a pour priorité les besoins spirituels des prisonniers. On peut imaginer ce qui arrive à un être humain quand il est enfermé dans des conditions difficiles, surtout s’il s’agit d’un prisonnier innocent, comme les réfugiés politiques ou économiques, et qu’il doit vivre dans la promiscuité avec des criminels endurcis… La frustration monte au fur et à mesure que l’on passe devant le juge seulement pour se faire dire qu’on doit demeurer en « garde à vue » puisqu’il manque des éléments au dossier avant qu’un jugement ne soit prononcé. Les hommes et les femmes qui vivent de telles expériences ont besoin de se raccrocher aux valeurs spirituelles. Sinon, ils tombent dans le désespoir le plus profond. Notre paroisse célèbre une messe dans les deux prisons, Central et Remand, chaque premier dimanche du mois. Nous célébrons aussi une fois par mois à la prison de Mwempeshi, à 50 km de Lusaka. Nous récitons le chapelet avec les prisonniers et nous les écoutons quand ils veulent parler. Des religieuses assurent aussi des cours d’éducation aux adultes, spécialement dans les sections de femmes. Trois fois par semaine, notre service aux prisonniers contribue à leur alimentation. Il s’agit des prisonniers sous thérapie antirétrovirale ou qui suivent un traitement contre la tuberculose. La diète ordinaire des prisonniers ne suffit pas à ces malades. On voit bien que suite à notre programme d’alimentation la mortalité en prison est passée de 9 décès par mois à 4. Plusieurs religieux collaborent à ce travail, des Jésuites, des Franciscains, des Oblats de Marie, des Filles de la Charité, de même que le grand séminaire St-Dominic.

Il y aurait beaucoup d’autres actions à entreprendre dans ces institutions carcérales surpeuplées. Dans le domaine des besoins physiques, les prisonniers souffrent de la faim, de l’absence de programme de santé, du manque de savon, du surpeuplement et des longs retard de la justice. Les prisonniers n’ont pas de défense juridique. Ils n’ont pas le moyen de se payer un avocat. Et même quand ils sont relâchés de prison, après un long séjour, ils sont encore en difficulté. Même si un prisonnier sort de prison « converti » et « homme nouveau », son milieu social le considère toujours comme un criminel. L’homme libéré se retrouve à la rue, plus misérable qu’avant son entrée en prison… d’où la tentation de commettre à nouveau un crime pour survivre. Notre paroisse essaye d’aider les anciens prisonniers à retourner dans leurs milieux d’origine. Ceci vaut surtout pour le voyage des jeunes vers les « camps de réforme » et pour les frais de transport des migrants vers leurs pays d’origine.

‘J’étais un étranger, malade et nu…’
Notre conférence St-Vincent de Paul (la SVP) se réunit trois fois par semaine et principalement le dimanche. Les membres de la SVP passent des heures à écouter les différents problèmes des gens. Le dimanche est un grand jour pour cela. La SVP essaye de répondre, comme le demande l’Évangile, aux besoins des personnes. La SVP nourrit les affamés, donne à boire aux assoiffés, habille ceux qui sont nus, loge les sans-logis (au moins, elle essaye !) en payant parfois le loyer des petites bicoques de Misisi Compound, surtout s’il s’agit des veuves et des orphelins.

La SVP visite le centre hospitalier universitaire, le plus grand hôpital de Zambie, situé sur notre paroisse. Le département d’aide social de l’hôpital fait souvent appel à la SVP pour payer des médicaments ou le voyage retour des malades et de leurs accompagnateurs qui n’ont plus rien à la fin du séjour. Les infirmes ont besoin de prothèses, de membres artificiels, de fauteuil sur roues, de chaussures orthopédiques. Ces appareils demandent de l’entretien et des réparations.

Quand aux voyageurs victimes des voleurs, bloqués dans les autogares ou les gares de chemin de fer, nous voulons aussi les secourir quand c’est possible. Nous aidons particulièrement les personnes âgées du bidonville Misisi avec des prêts pour des microprojets. Nous les encourageons à commencer un petit commerce.

C’est ainsi que nous vivons l’Évangile… et que nous nous gardons dans la ligne du charisme des Missionnaires d’Afrique. Qu’en pensez-vous ?

Oswald Mallya M.Afr

 

Plus sur les M.Afr. en Zambie

Tiré du Petit Echo N° 993 2008/7

 


 

Missionaries of Africa
Province ZAMBIA

Oswald Mallya M.Afr

ZAMBIA LUSAKA KAMWATA

TOWN APOSTOLATE

The challenge of putting Matthew 25:31-46 into practice

The Missionaries of Africa work in two parishes in Lusaka, Good Shepherd in Kabwata and Charles Lwanga in Regiment. Kabwata and Regiment are 15 minutes drive from Lusaka city centre, when the traffic is normal. The two parishes occupy relatively small geographical areas, when compared with the parishes we have in the rural areas, but they are densely populated.

Kabwata
Good Shepherd Parish occupies an area of 8 kilometres radius, with a population of about 200,000 people. Within this area, there are two of the biggest prisons in Zambia, Lusaka Central and Kamwala Remand Prison, as well as the biggest hospital in Zambia, the University Teaching Hospital (UTH). Misisi Compound (a euphemism for slums), with a population of 80,000 is located on the western side of our Parish.

Kabwata Good Shepherd Parish, started in 1954, is well-established and has a strong lay leadership. One may wonder, therefore, what the Missionaries of Africa are doing in such a parish, since it is well-established and is not an area of ‘primary evangelisation’!

Kabwata Good Shepherd ChurchWhen one reflects, however, on the social setting of Good Shepherd Parish, we see that it fits well into our Missionary charism and priority. Many of us are aware of the hardships that prisoners go through in many prisons of the African continent. We are also aware of the misery and dehumanising conditions in the slums. We know the stress that many patients go through in public hospitals in Africa, without proper medical care and medicines, and we know the scourge and impact of HIV/AIDS on the lives of African people, especially those in Sub-Saharan Africa. All these social challenges are the raison d’être why we continue working in a well-established parish like Kabwata-Good Shepherd.
‘Our Missionary vocation as Missionaries of Africa, urges us to share in the sufferings of others and making their aspirations our own, demands of us a particular care for the poor, a commitment to justice and peace, a concern that people’s lives be fuller and richer, more truly human. In this way will the dignity of each and everyone as children of God be more truly acknowledged.’ (Constitutions & Laws, article 7). Many of the activities that are undertaken at Good Shepherd Parish can be described as a challenge to put Matthew 25: 31-46 into practice.

‘I was an orphan ...’
Home for street childrenSt. Lawrence School takes care of orphans, vulnerable children and children with special needs. It offers education to about 1, 100 children. 56 of them are children with special educational needs. They are taught academic and survival skills. Children who cannot progress academically are offered skills training at the 16+ skills workshop, within the special needs section. The school runs from pre-grade to grade 9. Due to educational demand from the community, the school is running literacy classes for adults in the afternoons. Despite having community school background, the school offers quality education to the children and youth at the centre. For example, there has been a high passing rate of grade 7 pupils in recent years. The pioneer grade 9 results are also encouraging in spite of scarce human resources and teaching materials.

In addition, there is also skills training for the same children and some unemployed youth from Misisi Compound, in carpentry, tailoring, gardening and computer lessons, also taking place at the Centre. The youth programmes are undertaken by the Youth Development Desk (YDD) staffed by Sr. Ann Chikanji, of the Sacred Hearts of Jesus and Mary. The aim of the Desk is to empower youth to come out of the spiral of poverty.

‘I was sick...’
The two Home Based Care or HBC, as they are popularly known, provides palliative care, counselling, conducts workshops on Behaviour Change, conducts Voluntary Counselling and Testing (VCT) and, takes bedridden patients to clinics and hospitals. There are also regular home visitations of AIDS patients and other sick of the area. There are over 300 patients, taken care of by 65 caregivers from the two HBC projects.

‘I was in prison...’
The Prison Apostolate tends to the spiritual needs of the inmates. The experience of being locked up in very difficult conditions, sometimes even being innocent, (like those seeking refugee status), being herded together with hardened criminals, and the frustration of having constantly to go to court only to be ‘remanded in custody’, because the case cannot proceed, are a few instances of what our brothers and sister have to cope with. Without spiritual resources to help them, desperation can be a real temptation. At present, Good Shepherd Parish-Kabwata organises Mass every first Sunday of the month in both Central and Remand prisons, and the last Wednesday of the month for Mwembeshi Open Prison, which is 50 kilometres from Lusaka. There are also some other services offered to prisoners like listening to them and praying the Rosary with them. Some Sisters also offer regular spiritual support in the realm of ongoing adult formation, in particular to the women’s section. All these spiritual services are organised by Good Shepherd Parish-Prison Ministry and are done in collaboration with Congregations living here in Lusaka, such as the Jesuits, Franciscans, Oblates, Sisters of Charity, St. Dominic’s Major Seminary, to mention but a few. More needs to be done, especially in crowded prisons like the Central and Remand prisons.

Material/Physical Needs: The inmates suffer considerable hardships, in particular hunger, lack of adequate medical facilities, lack of basic necessities like soap, chronic overcrowding and long delays in having their cases dealt with. Inmates request legal representation and it is quite difficult, because fees are usually far beyond the means of most of them. Another problem for prisoners is the difficulties they face when released, particularly after a long sentence. Often, they are branded as criminals by their local communities, even though they have undergone a profound conversion in prison. They are often in dire poverty and face the temptation of returning to crime in order to survive.
Good Shepherd Parish-Prison Ministry, organises help for released prisoners to go back to their homes. The ministry also organises transport for Juveniles to Reformatory camps, as well as transport for the Prohibited Immigrants (PI’s) to go back to their countries, once cleared by Immigration.

In addition, the Prison Ministry feeds those who are taking antiretroviral therapy (ART) as well as those on TB treatment three times a week, because prisoners need more than the food offered in prison. As a result of the feeding programme, the death toll was reduced from 9 to 4 per month.

‘I was a stranger, sick and naked ... ’
Saint Vincent de Paul Ministry (SVP). Members of this Conference are there for a number of hours three days a week, to listen to people with different problems. The biggest day is Sunday. The group tries to do what the Lord asks, feed the hungry, give drink to the thirsty, provide clothes for the naked, look for ways of finding accommodation for the homeless, even if that means paying the rent for the tiny shacks in Misisi that widows and orphans cannot afford.
SVP also visits the biggest government hospital in Zambia, UTH, which is in our parish, and we are often asked by the Social Welfare Department to help with medicine, which the relatives cannot afford, and to pay the transport home for those who have used all their money for food or medicine for the sick relatives in hospital.
In addition, cripples are helped with artificial limbs, wheelchairs are repaired and shoes provided for those with artificial limbs. Help is also extended to those stranded (and often robbed) at the bus and railway stations. The elderly in Misisi compound are helped with small mini-business loans as well.

Through all this, we try to meet the Gospel challenge and live up to our Missionary of Africa charism. What do you think of that?

Oswald Mallya M.Afr.

More about M.Afr in Zambia

From Petit Echo n°993 2008/7